p a r i s_______l i g n e s

 

 

PARIS LIGNES

"Une belle veine sociologique-urbaine pour le cinéma expérimental"

Dominique Noguez

 

 

 

 


 

 

Antoine de Baecque raconte sur France Culture,

une histoire de la marche et des chemins

site de l'émission

 

 

La déambulation sur le chemin implique aussi une écriture. On pense en marchant ; marcher fait penser puis, souvent, écrire. Rousseau, qui fut le premier grand écrivain cheminant, l'a dit pour tous ceux qui suivront : "Jamais je n'ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, si j'ose ainsi dire, que dans les voyages que j'ai fait seul et à pied sur les chemins. La marche a quelque chose qui anime et avive mes idées."

 

 

 


 

 

LUI.jpg

 

Marche / Ligne

 

 

"Je connais bien cette fatigue qui me permet de marcher trois ou quatre heures sans m'arrêter, - et qui ne me permet que cela, - qui m'enferme dans une déambulation dont je ne peux sortir qu'en tombant dans le sommeil. Elle est là ; je suis depuis quelque temps déjà la ligne qui se trace devant moi à mesure que j'avance ; bien qu'elle me soit invisible ..."

 

 

La Nuit de Londres, Henri Thomas, 1956

 

 


 

 

LES EAUX NOIRES

 

del02.jpg

 

 nouveau film du PROJET VIRMAUX

 

André Delons, poète, membre du Grand Jeu (Roger Vailland, René Daumal, Roger Gilbert-Lecomte), groupe proche des Surréalistes, est né en 1909 et disparait en mer en 1940, entre La France et l’Angleterre. Il habitait à la fin de sa vie dans l’Ile Saint Louis.
 
Les Eaux noires sont, après Tumultes aux Ursulines (La Première de La Coquille et le Clergyman, Artaud/Dulac) Matricule 262 602 (Artaud à Ville-Evrard), Colette au Palais-Royal, le 4 ème film de la série, conduite par Nicolas Droin et Prosper Hillairet,  « Alain Virmaux, un archiviste du feu », où Alain Virmaux s’entretient, in situ, avec des spécialistes du sujet de chaque film. 
 
Sur Alain Virmaux, Archiviste du feu
Les textes d’André Delons on été publiés, par Alain Virmaux, aux Editions Rougerie

 

 

 

 


 

 

 

 vlcsnap-196578.png

« La ville comme point de rencontre de nos souvenirs et de nos désirs. Un espace-temps que le cinéma a fait sien en l’exprimant rythmiquement »

 

 

Michelangelo Antonioni

 

 

 

 


 

 

 

 

 

LE VERTIGE DES POSSIBLES 

 De Vivianne Perelmuter

 

 

 

Déambulation nocturne et poétique dans la ville labyrinthe...

 

UNE CRITIQUE DU FILM

par Nicolas Droin

 

 

 

 

 


 

 

 

 

Blanche-Pigalle-Barbès

 

 

Nouvelle vidéo de la série LIGNES

 

 

 

 Un film de Nicolas Droin et Prosper Hillairet

avec Jeanne Ben-Hammo

 

 

 

Parcours/hommage au film NEIGE

réalisé par Juliet Berto et Jean-Henri Roger

 

 

 Tribut-Tribu, le film collectif en hommage à Jean Henri Roger, pour lequel Blanche Pigalle Barbès a été réalisé,  est en ligne sur le site de l'Université Paris

 

                                                               Tribut-Tribu

 

 


 

 

 

DES1.jpg

 

 

« Je n’avais pas de rendez-vous avant une heure avancée de l’après-midi. (…) J’étais souverainement libre de faire ce que je voulais. Je pouvais à ma fantaisie flâner ou lire le journal, m’asseoir dans un café, manger, visiter un musée, regarder les vitrines ou bouquiner sur les quais ; (…) libre comme je l’étais, tout cela m’était permis et mille autres choses encore. Par bonheur, un sage instinct me poussa à ce qu’il y avait de plus raisonnable : c'est-à-dire à ne rien faire. Je ne traçai pas de plan, je me donnais carte blanche, j’écartai de moi toute idée de but, tout désir et me laissai glisser sur la roue de la fortune, emporter par le courant de la rue, qui est indolent quand il suit la rive brillante des boutiques, et impétueux quand il franchit la chaussée. Finalement la vague me poussa sur les grands boulevards et, exténué de fatigue, j’abordai à la terrasse d’un café situé à l’angle du boulevard Montmartre et de la rue Drouot.

 

 

Nonchalamment assis dans un confortable fauteuil de paille, je me disais en allumant un cigare : nous voici de nouveau face à face, Paris ! voilà bientôt deux ans que nous ne nous sommes pas vus, mon vieil ami, regardons nous bien dans les yeux. Allons, en avant, Paris, montre-moi ce que tu as appris depuis ce temps, va, projette devant moi ton incomparable film sonore : les boulevards, ce chef d’œuvre de lumière, de couleur et de mouvement avec ses innombrables figurants bénévoles ! Fais retentir à mon oreille l’inimitable musique de ta rue, vibrante, mugissante. N’épargne rien, vas-y de tout cœur, montre ce que tu peux, montre ce que tu es, fais jouer à ton grand orgue de Barbarie ta musique de rue atonale et panatonale. Fais rouler tes autos, brailler tes camelots, mugir tes klaxons, courir tes passants, étinceler tes boutiques ; me voici mieux disposé que jamais, désœuvré, avide de te regarder, de t’écouter jusqu’à ce que ma vue se trouble et que mon cœurs défaille. Allons, en avant, toujours plus vite, toujours plus fort ; d’autres cris, d’autres appels, de nouveaux hurlements, de nouveaux sons éclatants, cela ne me fatigue pas, tous mes sens sont tendus vers toi ; petit moucheron venu de l’étranger, je m’apprête à me gorger du sans de ton corps gigantesque. Allons en avant, livre-toi à moi comme je suis prêt à me livrer à toi, ville insaisissable aux enchantements toujours nouveaux.

 

 

Je me rendais déjà compte à un certain picotement nerveux que j’étais dans mon jour de curiosité, comme il m’arrive souvent après un voyage ou une nuit blanche. Ces jours-là, je me sens double, multiple, les limites de mon être ne me suffisent plus, quelque chose en moi m’incite, me force à me glisser hors de ma peau comme une chrysalide hors de son cocon. Chaque pore se dilate, chaque nerf devient un petit harpon brûlant, mon œil et mon oreille acquièrent une sensibilité extraordinaire, une lucidité presque anormale aiguise ma rétine et mon tympan. Ces jours-là, un courant électrique me relie à toutes les choses de la terre, et une curiosité presque maladive oblige mon âme à s’unir aux êtres qui me sont étrangers. Tout ce qui tombe sous mon regard prend un aspect mystérieux. Je ne me lasserai pas de regarder un simple paveur (…). Je resterais des heures entières devant une maison inconnue, cependant que mon imagination me représenterait l’histoire de ses habitants ou de ceux qui pourraient y demeurer ; j’observerais, je suivrais un passant durant des heures, subissant inconsciemment l’attraction magnétique de la curiosité, et cela tout en me rendant compte combien mes gestes paraîtraient absurdes et insensés à un observateur éventuel. Et pourtant, cette imagination et ce jeu ont pour moi plus d’attraits qu’une pièce de théâtre bien ordonnée ou que la trame d’un roman. Il est possible que cette surexcitation et cette clairvoyance nerveuse ne soient que la conséquence naturelle d’un brusque changement de lieu et d’une variation de la pression atmosphérique qui modifierait inéluctablement la composition chimique du sang ; je n’ai jamais essayé de m’expliquer cette nervosité mystérieuse. Mais, lorsque je l’éprouve, ma vie quotidienne ne m’apparaît que comme une morne somnolence et mes jours ordinaires me semblent vides et fades. Il n’y a qu’à ces moments-là que je me sente vraiment vivre et que je me rende bien compte de la fantastique diversité de la vie. »

 

Stefan Zweig, Révélation inattendue d’un métier

 

 

 


 

 

 

 

4.JPG
 Photographie : Louise Skira

 

"L'espace est resté voyou et il est difficile d'énumérer ce qu'il engendre. Il est discontinu comme on est escroc"

Georges Bataille

 

 

 

 

 


 

 

 

MANNEQUINS

 

 

 Un film de Nicolas Droin et Prosper Hillairet

 

Extrait du film SENTIERS

 

 

 

 


 

 

 

Déambulations automnales dans quelques cafés de Paris et d'ailleurs...

 

 maurice-ronet-feu-follet-louis-malle.jpg

 

 

sur le blog d'Olivier Hadouchi

Rivages somnambules :

Bela Tarr, Drieu, Malle, Baudelaire, Godard, Karina ...

rivages somnambules

 

 

____________________________________________________________________

 

 Alain.jpg

 

HOMMAGE A ALAIN VIRMAUX

 

Amis, universitaires, chercheurs, historiens, écrivains, ont souhaité témoigner de la pensée, du travail et de la personnalité d'Alain Virmaux à travers leur collaborations et rencontres.

 

LIRE LES TEXTES 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

En ACTUALITES, retrouvez expositions, films, événements...

 

 

 Rue Hautefeuille, Eugène Atget, 1898

 

 

 


 

 

 

 

 

Dora Bruder

 

"Janvier 1965. La nuit tombait vers 6 heures sur le carrefour du Boulevard  d'Ornano et de la rue Championnet. Je n'étais rien, je me confondais avec le crépuscule, ces rues."

 

"On se dit qu'au moins les lieux gardent une légère empreinte des personnes qui les ont habités"

 

"Il y a eu d'autres journées d'été dans le quartier Clignancourt. Ses parents ont emmené Dora au cinéma d'Ornano 43. Il suffisait de traverser la rue."

 

"J'ai l'impression d'être tout seul à faire le lien entre le Paris de ce temps là et celui d'aujourd'hui, le seul à me souvenir de tous ces détails. Par moment, le lien s'amenuise et risque de se rompre, d'autres soirs la ville d'hier m'apparait en reflets furtifs derrière celle d'aujourd'hui."

 

"Peut-être ai-je voulu qu'ils se croisent, mon père et elle, en cet hiver 1942"

 

"Si je n'étais pas là pour l'écrire, il n' y aurait plus aucune trace de la présence de cette inconnue et de celle de mon père"

 

"Des photos comme il en existe dans toutes les familles. Le temps de la photo, ils étaient protégés quelques secondes et ces secondes sont devenues une éternité"

 

"J'ai entendu dire que Jean Jausion avait lancé sa voiture sur une colonne allemande. Il les avait mitraillés avant qu'ils ne ripostent et qu'il ne trouve la mort qu'il était venu chercher.

L'année suivante, en 1945, un livre de Jean Jausion paraissait. Il avait pour titre : Un homme marche dans la ville."

 

"A vingt ans , dans un autre quartier de Paris, je me souviens d'avoir éprouvé cette même sensation de vide que devant le mur des Tourelles, sans savoir qu'elle en était la vraie raison"

 

" ... les façades des immeubles, les trottoirs, les infinies nuances de gris qui n'existent qu'à Paris."

 

"Ce sont des personnes qui laissent peu de traces derrière elles. Presque des anonymes. Elles ne se détachent pas de certaines rues de Paris, de certains paysages de banlieue, où j'ai découvert, par hasard, qu'elles avaient habité. Ce que l'on sait d'elles se résume souvent à une simple adresse. Et cette précision topographique contraste avec ce que l'on ignorera pour toujours de leur vie -ce blanc, ce bloc d'inconnu et de silence."

 

Patrick Modiano, Dora Bruder, 1997

 

 

 

_________________________________________________________________________________

 

 

 

« Je me suis dit que Paris, où les murs et les quais, l’asphalte, les collections et les décombres,

les grilles et les squares, les passages et les kiosques, nous apprennent une langue singulière,

devait nécessairement être le lieu où, dans la solitude qui nous étreint,

absorbés que nous sommes dans ce monde d’objets,

nos relations aux êtres atteignent la profondeur d’un sommeil

où les attend l’image de rêve qui leur révèle leur vrai visage »

 

Walter Benjamin

 

 

 

 

 

© Louise Skira Itinérances  

 

 

« Le film "à acteurs" ne me tente absolument pas.

J'estime que la nuit moderne, peuplée de lumières étranges et chantantes,

la nuit moderne qui ne ressemble vraiment à aucune autre nuit de l'histoire,

est photogénique autant, plus encore que le visage d'une belle femme. 

Je ne travaillais pas selon un scénario préconçu.

Je sortais le soir avec beaucoup de foi et mon petit appareil que tout le monde prenait pour un simple appareil photographique.
Je me perdais dans la mer, dans la nuit, dans la foule.

Je chassais les images comme on chasse des oiseaux.

Des vagues sonores déferlaient. Le miracle venait à pas rapides, haletant.

Je le saisissais confusément et l'enfermais dans ma boîte. »

 

Eugène Deslaw, Filmliga, 1928

 

 

 

 

 


 

 

 

QUADRILATERE

 

dernier film de la série LIGNES 

 



QUADRILATERE par parislignes

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

  

 

2 moments de la Soirée Paris Lignes du 18 juin 2011

la lecture d'Anne Luthaud et la boucle vidéo de Jean Claude Mocik 

 

 

 IMMOBILE

 

texte écrit par Anne Luthaud pour le blog Paris Lignes,

et lu par l'auteur le samedi 18 juin 2011

 

lire le texte

 

 

en angle côté miroir

 

la boucle vidéo de Jean Claude Mocik

 

voir le film

 

 

 

 

 


 

 

 

 

Retrouvez les films de la série   p a r i s__l i g n e s   sur la page Dailymotion     

 

 

 

Les vidéos de parislignes sur Dailymotion

 

 

 

 

 

_____________________________________________________

 

 

 

 

"C'est ainsi que, guidé par le film, nous n'abordons plus les idées, lorsqu'il nous arrive de le faire, par les grandes routes qui mènent à travers le vide, mais par des sentiers qui s'enfoncent dans le hallier des choses."

 

Siegfried Kracauer

 

  

 

_____________________________

 

  

Les photos de Louise Skira et Stéphanie Gutierrez-Ortega sont disponibles dans le portfolio 

 

 

 


 

 

 

"Pitié pour l'homme qui passe" (René Crevel)

 

 

 

 

 

CERCLES
" De combien de traquenards topographiques est-il la victime ? Seul un film pourrait en dérouler les péripéties passionnantes : la ville se met en défense contre lui, elle se travestit, fuit, intrigue, le séduit pour l'entraîner jusqu'à l'épuisement de ses forces à parcourir ses cercles." 

 

Walter Benjamin

 

 

  

 


 

 

SENTIERS

un film de Nicolas Droin et Prosper Hillairet

 avec

Gilles Trinques et Florence Gout

 

 voir : article

 

 

 

lui, rue beauregard  


PORTE
"On peut, en attendant, être sûr de me rencontrer dans Paris, de ne pas passer plus de trois jours sans me voir aller et venir, vers la fin de l'après-midi, boulevard Bonne-Nouvelle entre l'imprimerie du Matin et le boulevard de Strasbourg. Je ne sais pourquoi c'est là, en effet, que mes pas me portent, que je me rend presque toujours sans but déterminé, sans rien de décidant que cette donnée obscure, à savoir que c'est là que se passera cela (?). Je ne vois guère, sur ce rapide parcours, ce qui pourrait, même à mon insu, constituer pour moi un pôle d'attraction, ni dans l'espace, ni dans le temps. Non : pas même la très belle et très inutile Porte Saint- Denis."
André Breton, Nadja

 

 

 

 


 

  

CANAL

un film de Nicolas Droin et Prosper Hillairet

  

 

  

 

 

VOIR LE FILM PARTIE 1 : L'INATTENDU

 


L'INATTENDU par parislignes

  

 

 

VOIR LE FILM PARTIE 2 : LA DISPARUE

 

  


LA DISPARUEpar parislignes

 

 

 

DES OMBRES
"Et par les quais uniformes et mornes,
Et par les ponts et par les rues,
Se bousculent, en leurs cohues,
Sur des écrans de brumes crues,
Des ombres et des ombres"
L'âme de la ville, Verhaeren, Les Villes tentaculaires


QUAI DE JEMMAPES / QUAI DE VALMY
"Le ciel commençait seulement à pâlir quand Jules, l'aîné des deux frères Naud, apparut sur le pont de la péniche, sa tête d'abord, puis ses épaules, puis son grand corps dégingandé. Frottant ses cheveux couleur de lin qui n'étaient pas encore peignés, il regarda l'écluse, le quai de Jemmapes à gauche, le quai de Valmy à droite, et il s'écoula quelques minutes, le temps  de rouler une cigarette et de la fumer dans la fraîcheur du petit matin, avant qu'une lampe s'allumât dans le petit bar du coin de la rue des Récollets.
(....)
Lentement, il retirait la perche et, quand le crochet arriva près de la surface, on vit apparaître un étrange paquet ficelé dont le papier journal avait crevé.
C'était un bras humain, entier, de l'épaule à la main, qui dans l'eau, avait pris une couleur blême et une consistance de poisson mort"
Simenon, Maigret et le corps sans tête

  

 

 

 


 

  

FANTÔMES

un film de Nicolas Droin et Prosper Hillairet

 


FANTÔMES par parislignes

  

  

 

 FANTÔMES
"O les siècles et les siècles sur cette ville,
Grande de son passé
sans cesse ardent - et traversé,
Comme à cette heure, de fantômes !"
L'âme de la ville, Verhaeren, Les Villes tentaculaires

 

 

 

 

 

 

 

  

_______________________________________________________________

voir des extraits des films :
http://www.dailymotion.com/parislignes


pour toute information sur les films de la série Paris Lignes,
contacts :
Nicolas Droin
nicodroin@yahoo.fr
Prosper Hillairet
prosperhill@hotmail.com


Recommander ce blog | Contacter l'auteur | Signaler un contenu | RSS | Hébergé chez Blog4ever | Espace de gestion