p a r i s_______l i g n e s

DISPARITION

 

 

 DISPARITION

 

 

 

 

 

 

"Janvier 1965. La nuit tombait vers 6 heures sur le carrefour du Boulevard  d'Ornano et de la rue Championnet. Je n'étais rien, je me confondais avec le crépuscule, ces rues."

 

"On se dit qu'au moins les lieux gardent une légère empreinte des personnes qui les ont habités"

 

"Il y a eu d'autres journées d'été dans le quartier Clignancourt. Ses parents ont emmené Dora au cinéma d'Ornano 43. Il suffisait de traverser la rue."

 

"J'ai l'impression d'être tout seul à faire le lien entre le Paris de ce temps là et celui d'aujourd'hui, le seul à me souvenir de tous ces détails. Par moment, le lien s'amenuise et risque de se rompre, d'autres soirs la ville d'hier m'apparait en reflets furtifs derrière celle d'aujourd'hui."

 

"Peut-être ai-je voulu qu'ils se croisent, mon père et elle, en cet hiver 1942"

 

"Si je n'étais pas là pour l'écrire, il n' y aurait plus aucune trace de la présence de cette inconnue et de celle de mon père"

 

"Des photos comme il en existe dans toutes les familles. Le temps de la photo, ils étaient protégés quelques secondes et ces secondes sont devenues une éternité"

 

"J'ai entendu dire que Jean Jausion avait lancé sa voiture sur une colonne allemande. Il les avait mitraillés avant qu'ils ne ripostent et qu'il ne trouve la mort qu'il était venu chercher.

L'année suivante, en 1945, un livre de Jean Jausion paraissait. Il avait pour titre : Un homme marche dans la ville."

 

"A vingt ans , dans un autre quartier de Paris, je me souviens d'avoir éprouvé cette même sensation de vide que devant le mur des Tourelles, sans savoir qu'elle en était la vraie raison"

 

" ... les façades des immeubles, les trottoirs, les infinies nuances de gris qui n'existent qu'à Paris."

 

"Ce sont des personnes qui laissent peu de traces derrière elles. Presque des anonymes. Elles ne se détachent pas de certaines rues de Paris, de certains paysages de banlieue, où j'ai découvert, par hasard, qu'elles avaient habité. Ce que l'on sait d'elles se résume souvent à une simple adresse. Et cette précision topographique contraste avec ce que l'on ignorera pour toujours de leur vie -ce blanc, ce bloc d'inconnu et de silence."

 

Patrick Modiano, Dora Bruder, 1997

 

 

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18/09/2014
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