p a r i s_______l i g n e s


PROJECTIONS

 

FANTÔMES (2003)

- Journée les Arrosoirs, juin 2005

- Soirée Summerschool, Cinéma et art contemporain 3, Les Voûtes, Paris, juillet 2010.

 

 

CANAL (2005)

- Journées Paris expérimental, Forum des images, juillet 2005

- Soirée Autour du Canal,  Aux Goûts du Jour, rue de Nantes/quai de l’Oise, décembre 2006

- Colloque « Ville et cinéma : espaces de projection, espaces urbains », Athènes, novembre 2009.

 

 

ELLE / LUI (2006)

- Semaine « 40 ans de l’Université Paris 8 », Les Ecrans de Saint-Denis, 2009

 

 

SENTIERS (2010)

- Studio des Ursulines, Paris, Première, avril 2010

 

 

QUADRILATERE (2011)

-Soirée ParisLignes, Aux Goûts du Jour, rue de Nantes/quai de l’Oise, juin 2011

-Soirée Colette, Studio des Ursulines, Paris, 15 juin 2012

 

 

 

BLANCHE PIGALLE BARBES (2013)

-Colloque Jean-Henri Roger, Université Paris 8, Saint Denis, septembre 2013

-Inauguration de la salle Jean-Henri Roger au cinéma LE LOUXOR, Paris, 19 décembre 2013

 

 

 

 


16/02/2011
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André ROUMIEUX

 

 

Lorsque vous m'avez appris au téléphone le décès en 2012, de notre ami Alain Virmaux, j'ai réalisé l'importance de la place qu'il avait tenue dans ma vie au cours de ces vingt dernières années.

Aussi, je réponds bien volontiers à votre invitation à écrire quelques mots à son sujet.

 

 

Nous nous étions connus , Alain et moi, le 22 décembre 2000, à la Sorbonne, lors de la soutenance de thèse d'Olivier Penaut- Lacassagne:"Les métamorphoses de la croyance, Antonin Artaud et les fictions de l'esprit."

Je garde un souvenir précis de cette première rencontre empreinte de beaucoup de cordialité. Ce jour-là, après la soutenance  de thèse, nous avions  parlé en tête à tête, bien sûr d'Artaud et aussi de mon premier livre, Je travaille à l'asile d'aliénés qu’il connaissait, et des infirmiers qui avaient connu le poète au cours de son internement à l'hôpital psychiatrique de Ville Evrard , avec lesquels j'avais travaillés. Ce qu'il me dit m'intéressa  beaucoup et lui m'écouta , me sembla-t-il , avec beaucoup d'attention. Je compris que nous allions nous revoir.

 

 

Nous nous sommes revus d'abord à Paris puis à L'hôpital psychiatrique de Ville-Evrard à la S.E.R.H.E.P. (Société d'Etudes et de Recherches Historiques en Psychiatrie). A nouveau à Ville Evrard où il vint présenter son film: Artaud le visage.

Nous avons correspondu et nous nous sommes téléphoné de nombreuses fois. Nous avons beaucoup parlé ensemble de cinéma, de littérature et d'Artaud en particulier. Je me souviens de la joie que j'éprouvais à échanger entre nous sur Artaud mais aussi sur Gaston Ferdière, Denys Paul Bouloc, Max Jacob, Céline , Henry Poulaille et Charles Glodblatt.

J'aimais son érudition et sa passion de la recherche.  Il m'envoyait la photocopie d'articles toujours avec un commentaire et un mot d'amitié. Alain a été pour moi très généreux et il m'a beaucoup appris.

De mon côté, je lui communiquais des photocopies d'articles et de témoignages, de lettres d'Antonin  Artaud  à Théodore Fraenkel que m'avait communiqués le neveu de celui-ci. Le fac-similé de l'une de ces lettres paraîtra dans la réédition de son Antonin Artaud /Germaine Dulac. La Coquille et le Clergyman. Alain m'en remercia chaleureusement.

 

Mais il me semble  que le moment  fort dans l'histoire de notre amitié fut la réalisation du film en 2009, Matricule 2626O2 Antonin Artaud à Ville – Evrard. Ce fut réellement un parcours à Ville-Evrard sur les traces d'Antonin Artaud , sous les galeries de l'établissement , qui nous conduisit , Alain et moi,  jusqu'à l'ancien quartier des agités aujourd'hui désaffecté, où fut transféré à plusieurs reprises l'auteur de Héliogabale ou l'anarchiste couronné, et où j'ai travaillé en tant qu'infirmier psy pendant des années. Je mesurais toute l'importance qui m'incombait de servir de guide dans un  lieu où se pratiquait alors une très dure psychiatrie : la psychiatrie asilaire. Le silence et le vide où nous nous trouvions dans l'un des  dortoirs au premier étage, donnaient à nos propos l'écho d'une époque au cours de laquelle Artaud, halluciné, douloureusement aux prises avec les hordes d'initiés sous la clarté angoissante des veilleuses grillagées, vécut des nuits effrayantes.

 

Oui, c'était bien la première fois  qu'une caméra pénétrait dans un quartier possédant toujours l' empreinte matérielle de l'époque d'Artaud. J'étais très ému , aux côtés d'Alain , dans une telle démarche de mémoire ; il me semble encore entendre sa voix discrète, appliquée, s'informer de la vie quotidienne du poète entre ces murs si répressifs. Je me souviens que nous tournions dans ce dortoir, semblables à des explorateurs d'un moment à la recherche de fantômes. Et moi le vieil infirmier qui avait connu le pavillon quasiment dans l'état où Artaud y avait vécu ,  j'avais la nette impression de réveiller une époque asilaire particulièrement dure pour les malades et pour nous aussi le personnel. Et c'était à travers les fenêtres à barreaux qu'Artaud, épuisé après  une longue nuit d'épreuve, voyait au delà des murs d'enceinte se lever un nouveau jour d'attente et de souffrances.

Depuis, bien des choses ont changé sur le plan du service, de l'établissement et de la psychiatrie en général.

Par une étrange et émouvante coïncidence, il y a quelque temps se produisit une troupe théâtrale dans ce même dortoir où avait souffert, désespéré, l'auteur du  Théâtre de la cruauté.

 

J'ai là , devant moi , les lettres et les articles que m'a communiqués Alain ; j 'aime les consulter et à l'occasion  en faire état à ceux qui viennent frapper à ma porte de retraité en Quercy, en quête d'informations sur Artaud le momo interné. Tout comme j'ai beaucoup aimé accompagner les projections de Matricule  2626O2.,ce qui me permettait  de parler d'Artaud et d'Alain , et d'évoquer aussi ma génération de soignants d'après guerre , époque où beaucoup d'entre nous espérions, malgré tout, une société de tolérance et de fraternité….

 

 

Merci de tout cœur de m'avoir invité à évoquer ces  quelques souvenirs en hommage  à notre ami, Alain Virmaux. Je le lui devais.

                                                                     

 

André Roumieux,

Ecrivain

 

 

 

  

 

 

RETOUR : ALAIN VIRMAUX 

 

 

 

 

 

 

 


21/01/2016
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NUIT

 

 

NUIT

 

 

 

© Louise Skira Itinérances  

 

 

« Le film "à acteurs" ne me tente absolument pas.

J'estime que la nuit moderne, peuplée de lumières étranges et chantantes,

la nuit moderne qui ne ressemble vraiment à aucune autre nuit de l'histoire,

est photogénique autant, plus encore que le visage d'une belle femme. 

Je ne travaillais pas selon un scénario préconçu.

Je sortais le soir avec beaucoup de foi et mon petit appareil que tout le monde prenait pour un simple appareil photographique. 
Je me perdais dans la mer, dans la nuit, dans la foule.

Je chassais les images comme on chasse des oiseaux.

Des vagues sonores déferlaient. Le miracle venait à pas rapides, haletant.

Je le saisissais confusément et l'enfermais dans ma boîte. »

 

Eugène Deslaw, Filmliga, 1928

 

 

 

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18/09/2014
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DISPARITION

 

 

 DISPARITION

 

 

 

 

 

 

"Janvier 1965. La nuit tombait vers 6 heures sur le carrefour du Boulevard  d'Ornano et de la rue Championnet. Je n'étais rien, je me confondais avec le crépuscule, ces rues."

 

"On se dit qu'au moins les lieux gardent une légère empreinte des personnes qui les ont habités"

 

"Il y a eu d'autres journées d'été dans le quartier Clignancourt. Ses parents ont emmené Dora au cinéma d'Ornano 43. Il suffisait de traverser la rue."

 

"J'ai l'impression d'être tout seul à faire le lien entre le Paris de ce temps là et celui d'aujourd'hui, le seul à me souvenir de tous ces détails. Par moment, le lien s'amenuise et risque de se rompre, d'autres soirs la ville d'hier m'apparait en reflets furtifs derrière celle d'aujourd'hui."

 

"Peut-être ai-je voulu qu'ils se croisent, mon père et elle, en cet hiver 1942"

 

"Si je n'étais pas là pour l'écrire, il n' y aurait plus aucune trace de la présence de cette inconnue et de celle de mon père"

 

"Des photos comme il en existe dans toutes les familles. Le temps de la photo, ils étaient protégés quelques secondes et ces secondes sont devenues une éternité"

 

"J'ai entendu dire que Jean Jausion avait lancé sa voiture sur une colonne allemande. Il les avait mitraillés avant qu'ils ne ripostent et qu'il ne trouve la mort qu'il était venu chercher.

L'année suivante, en 1945, un livre de Jean Jausion paraissait. Il avait pour titre : Un homme marche dans la ville."

 

"A vingt ans , dans un autre quartier de Paris, je me souviens d'avoir éprouvé cette même sensation de vide que devant le mur des Tourelles, sans savoir qu'elle en était la vraie raison"

 

" ... les façades des immeubles, les trottoirs, les infinies nuances de gris qui n'existent qu'à Paris."

 

"Ce sont des personnes qui laissent peu de traces derrière elles. Presque des anonymes. Elles ne se détachent pas de certaines rues de Paris, de certains paysages de banlieue, où j'ai découvert, par hasard, qu'elles avaient habité. Ce que l'on sait d'elles se résume souvent à une simple adresse. Et cette précision topographique contraste avec ce que l'on ignorera pour toujours de leur vie -ce blanc, ce bloc d'inconnu et de silence."

 

Patrick Modiano, Dora Bruder, 1997

 

 

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18/09/2014
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LES EAUX NOIRES

 

 

 

 

LES EAUX NOIRES

 

 

 

André Delons - Poète du Grand Jeu

 

(2014), 26 min,

Réalisé par Nicolas Droin et Prosper Hillairet

Entretiens : Alain Virmaux, Simone Delons, Catherine Delons.

Textes d'André Delons dits par Valentin Johner

La jeune femme : Jeanne Ben-Hammo

 

 

André Delons, poète, membre du Grand Jeu (Roger Vailland, René Daumal, Roger Gilbert-Lecomte), groupe proche des Surréalistes, est né en 1909 et disparait en mer en 1940, entre La France et l’Angleterre. Il habitait à la fin de sa vie dans l’Ile Saint Louis.

 

 

 

 

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Les Eaux Noires sont une évocation/dérive autour d’André Delons. En suivant les échanges entre Alain Virmaux, historien du surréalisme et Simone Delons, nièce du poète, et Catherine Delons, écrivain, le film retrace les grands moments de sa vie, des premiers poèmes dédiés à sa cousine, la peintre Jacqueline Lamba, qui deviendra la femme d’André Breton, à sa disparition en mer, en passant par son activité de critique de cinéma et ses collaborations à différentes revues comme la revue du Grand Jeu, et les thèmes de sa poétique.

 

 

 

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Les Eaux Noires sont, après Tumulte aux Ursulines (La Première de La Coquille et le Clergyman, Artaud/Dulac) Matricule 262 602 (Artaud à Ville-Evrard), Colette au Palais-Royal, le 4ème film de la série, conduite par Nicolas Droin et Prosper Hillairet,  « Alain Virmaux, un archiviste du feu », où Alain Virmaux s’entretient, in situ, avec des spécialistes du sujet de chaque film. Les Eaux noires nous entraînent donc, en une déambulation dans l’Ile Saint Louis,  à la recherche du poète.

 

 

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"La mer avait peur de remuer

Trop lourde

Il fallait se taire

Il fallait aussi dormir

Alors sur le visage quelque chose, une étincelle

Tombait, et des dizaines à la suite, serrées comme

Une escadrille

Tombaient."

 

André Delons

 

 

 

 

 

Les textes d’André Delons on été publiés, par Alain Virmaux, aux Editions Rougerie
 
 
 

 

L’île Saint Louis

dans Aurélien d'Aragon

 

 

« - Ce n’est pas une garçonnière, c’est un point de vue…

La maison faisait la proue de l’île vers l‘aval, où la rive se termine par un bouquet d’arbres, et un tournant solitaire et triste où viennent s’accouder les amoureux et les désespérés.

(…)

Le dernier lambeau de jour donnait un air de féérie au paysage dans lequel la maison avançait en pointe comme un navire. On était au dessus de ces arbres larges et singuliers qui garnissaient le bout de l’île, on voyait sur la gauche la Cité où déjà brillaient les réverbères, et le dessin du fleuve qui l’enserre, revient, la reprend et s’allie à l’autre bras, au-delà des arbres, à droite, qui cerne l’île Saint Louis.

(…)

Paris vu de son cœur, à son plus mystérieux, avec ses bruits voisins, estompés par le fleuve multiple où descendait une péniche aux bords peints au minium, avec du linge séchant sur des cordes, et des ombres qui semblaient jouer à cache-cache à son bord … le ciel aussi avait son coin de minium.

Et tout d’un coup, tout s’éteignit, la ville devint épaisse, et dans la nuit battit comme un cœur. »

 

« J’habitais ici au pli du coude du fleuve »

 

« La Seine parle tout le temps, tout le temps du suicide … Ce qu’elle roule … et ces cris des chalands … ce qui me bouleverse, c’est de devoir maintenant … me représenter le sens, continuellement, de cette eau qui coule, de ce sang bleu, devant moi … »

 

« Des mariniers avaient retiré de l’eau une pauvre femme, dans une robe de bal, figurez-vous, et il ne devait pas y avoir longtemps qu’elle était dans la Seine »

 

« Longuement il regarda couler, jaune, trouble, froide, équivoque, la Seine. Une robe de bal … pourquoi ? Quel drame d’ombre et de scintillement au fil de l’eau, quel mystère vulgaire et profond ? Quel besoin de robe ont donc les noyées ? N’est-on pas nu dès qu’on est enveloppé par le fleuve …»

 

« Il y avait plus de quatre mois qu’Aurélien filait à la dérive. Le Bateau de l’Ile Saint Louis semblait emporté dans un courant de la durée, sans but, sans raison apparente, échouant à tous les bancs de sable pour repartir dans des tourbillons de mémoire. »

 

 

 

 

 

L'île Saint Louis

par Leo Ferré

écouter

 

 

 

 

 

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18/09/2014
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